Arbitrage  : Au cœur du jeu et de la transmission

25/03/2026
En déplacement au club de Bobigny, l’arbitre internationale Aurélie Groizeleau a animé une soirée d’échanges et de formation, entre terrain et réflexion, auprès des joueuses et des arbitres franciliennes. Une intervention riche, tournée vers la compréhension du jeu et le développement de l’arbitrage féminin.

Sur la pelouse comme en salle, la soirée avait des allures de laboratoire du jeu. À l’AC Bobigny 93, l’intervention de Aurélie Groizeleau s’est articulée autour d’un objectif clair : rapprocher joueuses et arbitres autour d’une meilleure compréhension des exigences du rugby moderne.

De 18h30 à 20h15, place au travail avec le groupe senior. À partir de séquences vidéo issues de leurs propres matches en Élite 1, les joueuses ont d’abord été plongées dans le regard arbitral, notamment sur les phases de jeu au sol. En salle, l’analyse s’est voulue précise, pédagogique, avant de se prolonger sur le terrain.

Encadrées par leurs entraîneurs et plusieurs arbitres – Lauren Faure, Aouregan Loge, Lori Ramirez, Chloé Pelle et Aurélie Groizeleau – les joueuses ont enchaîné les ateliers techniques, avec un fil conducteur : adapter leurs attitudes aux attentes de l’arbitrage. Positionnement, timing, lisibilité des actions… chaque détail a été passé au crible, jusqu’à une mise en situation réelle, arbitrée et commentée en direct.

Même exigence sur les mêlées, autre secteur clé abordé lors de la soirée. Là encore, l’objectif était double : comprendre les critères d’évaluation des arbitres et améliorer l’image donnée pour limiter les sanctions. Une approche concrète, mêlant théorie et pratique, qui a permis aux joueuses de mieux appréhender les décisions prises sur le terrain.

La seconde partie de la soirée a changé de focale, sans perdre en intensité. De 20h15 à 21h45, ce sont douze arbitres féminines d’Île-de-France, du niveau ACF à AN4, qui ont pris part à un temps d’échange dédié.

Dans un premier temps, chacune a pu partager son parcours, ses motivations, mais aussi les difficultés rencontrées dans sa pratique. Un moment rare, où la parole s’est libérée, permettant de mettre en lumière les réalités du terrain.

Puis le travail s’est orienté autour d’un thème fort : « Devenir l’arbitre que l’on veut être ». Technique, préparation mentale, condition physique, connaissance du jeu : autant de dimensions explorées pour accompagner ces arbitres dans leur progression et leur construction personnelle.

Pour Aurélie Groizeleau, ce type d’initiative dépasse largement le cadre d’une simple formation, « aller à la rencontre des clubs féminins et des arbitres sur leur territoire, c’est un moment privilégié. Cela permet de créer du lien, de favoriser les échanges et surtout de donner à chacune l’espace pour s’exprimer et mettre en lumière les problématiques qu’elle rencontre », souligne-t-elle.

À Bobigny, le temps d’une soirée, le rugby s’est raconté autrement. Dans le dialogue, la transmission et l’écoute. Preuve, s’il en fallait une, que la compréhension du jeu passe aussi par ceux qui le font respecter.