La CPME Paris Ile de France au soutien d’un rugby citoyen
07/06/2024La CPME Paris Ile de France et la LIFR viennent de signer un partenariat. Quelles ont été vos motivations à la conclusion de celui-ci et vos objectifs à travers lui ?
Les mondes de l’entreprise et du sport partagent une communauté de valeurs et d’intérêts. A l’instar du sportif, l’entrepreneur a le goût de l’audace, du risque, de la persévérance et de la performance, et la nécessité de la discipline personnelle et du travail d’équipe. En tant qu’employeur, l’entreprise encourage souvent la pratique du sport, pour améliorer le bien-être des collaborateurs, renforcer l’esprit d’équipe et accroître la productivité. Cette pratique garantit aussi la qualité de vie au travail, diminue l’absentéisme et apprécie l’image de l’entreprise.
Le sport est par ailleurs un formidable levier de progrès social et sociétal, notamment dans les domaines de l’éducation, la santé, l’inclusion sociale, la cohésion territoriale. Sans oublier la citoyenneté. Pour tous les acteurs engagés en faveur d’une « entreprise citoyenne », qui assume pleinement son rôle dans la vie du territoire, le sport a ainsi le pouvoir d’offrir un cadre pour l’apprentissage des valeurs qui contribuent au développement des compétences individuelles et collectives nécessaires à l’exercice d’une citoyenneté responsable.
Il est temps de sonner la mobilisation générale pour que les entreprises franciliennes, via leur politique RSE, s’impliquent pleinement dans le développement du sport dans la région hôte des Jeux Olympiques. La région capitale mérite de réussir le pari sportif de concilier l’économie responsable, le sportif et l’humain. Et de réconcilier la pratique du sport des villes avec celle des zones rurales. Au-delà, l’engagement actif du monde économique dans le développement du sport est sûrement la condition indispensable pour faire de la France une véritable nation sportive.
C’est pour toutes ces raisons, pour donner l’exemple et sonner cette mobilisation sportive générale, que la CPME Paris Île-de-France a souhaité s’engager aux côtés de la Ligue Île-de-France de Rugby.
En parallèle de votre activité au sein de la CPME, vous présidez le think tank Étienne Marcel, que vous avez fondé, ainsi que la Commission du développement économique du Conseil économique, social et environnemental régional (CESER) d’Ile-de-France. Quels sont vos moteurs au sein de ces structures ?
Assureur de métier, je suis de longue date engagée pour la promotion d’une certaine idée de l’entrepreneuriat et de la représentation des entrepreneurs de TPE et de PME. Je préside la CPME Paris Île-de-France et je préside aussi le think tank Etienne Marcel, que j’ai fondé. Je participe par ailleurs à l’Euro Retail Payment Board (ERPB), au Comité national des moyens de paiement (CNMP) et au Comité pour l’éducation financière (EDUCFI). Je m’engage aussi dans le débat public en intervenant régulièrement dans les médias. Dans mon métier et dans ces différents mandats, responsabilités et interventions, je m’efforce d’œuvrer, avec l’énergie de mes convictions, à la promotion d’un entrepreneuriat responsable et citoyen en France.
Créé en 2011 aux lendemains de la crise financière, le think tank Étienne Marcel est une association loi 1901 indépendante qui œuvre à la promotion en France d’un entrepreneuriat libre, responsable et citoyen. Depuis l’origine, les Prix Étienne Marcel récompensent les entrepreneurs de TPE et PME indépendantes qui concilient performance économique et engagement responsable, en s’illustrant par des actions et des projets novateurs en faveur de la formation professionnelle, l’emploi, l’égalité des chances, le développement durable, la participation et l’intéressement des salariés, l’implication régionale. Ce sont des PME performantes qui mettent aussi au cœur de leur activité les préoccupations sociales, sociétales, environnementales et de gouvernance, c’est-à-dire l’humain, le territoire et la planète.
Votre engagement se traduit également, depuis avril, par un livre « L’avenir appartient aux PME ». Quels sont les messages que vous avez voulu transmettre à travers cet ouvrage ?
La genèse de mon dernier ouvrage résulte d’un constat. Alors que les Français ont majoritairement une meilleure image des PME que des autres entreprises, elles sont trop souvent éclipsées dans le débat médiatique comme dans l’action publique, du fait d’une bipolarisation de l’attention entre les start-ups et les grandes entreprises. Les raisons de cette « éclipse » sont nombreuses. L’une d’entre elles est probablement l’insuffisante connaissance et valorisation des atouts et des apports des TPE-PME à notre vie économique, mais aussi, et plus largement, à la vie collective de nos territoires et de notre société. C’est précisément l’ambition modeste de cet ouvrage : contribuer, sans prétendre épuiser le sujet, à mieux faire connaître et valoir ces atouts et ces apports.
Vous l’avez compris, j’ai de longue date la conviction que les PME, entreprises de proximité, à taille humaine, résolument agiles, sont le cœur battant de l’écosystème entrepreneurial français. En prise directe avec le territoire où elles sont ancrées, elles ont une connaissance fine des besoins, des attentes et des espoirs de la communauté. Elles sont les premières à savoir que l’entreprise ne saurait être durablement prospère dans un environnement et dans une société qui ne le seraient pas aussi. Elles ont donc un intérêt économique évident à agir pour être les forces motrices des transitions et des progrès sociaux, sociétaux, environnementaux et numériques. Dans cet ouvrage, j’essaie donc de montrer qu’aucun des grands enjeux présents et futurs auxquels la France doit faire face ne trouvera de résolution sans la participation active d’un tissu de PME reconnues à leur juste valeur. Et je livre des pistes pour remettre les PME au cœur des débats.
Au moment où les entreprises sont de plus en plus citoyennes, les citoyens, de leur côté, notamment les jeunes, font de plus en plus confiance aux entreprises pour être les forces motrices des transitions et des progrès sociaux, sociétaux, environnementaux et numériques dans leurs territoires. Et ils sont de plus en plus eux-mêmes entrepreneurs, pour retrouver du sens au travail. L’un des plus grands défis pour les TPE-PME, c’est ainsi de répondre aux attentes que les citoyens peuvent placer en elles. C’est une marque de confiance. Il faut être à la hauteur.
J’espère que la lecture de cet ouvrage intéressera vos propres lecteurs et je serais bien sûr heureux d’échanger plus avant avec eux sur ces enjeux, plus que jamais d’avenir.